Pages

jeudi 9 juillet 2015

Prendre son thé en patience


Sur mon fil Twitter mon regard est attiré par cette accroche : Prendre son thé en wifi.

Wifi, smartphone, programmation, iWatch… assez de buzzwords pour exciter la curiosité du geek. Malheureusement, ou heureusement, il se trouve que je suis aussi un geek théophile et que cette bouilloire supposément high-tech me semble être une mauvaise solution à un problème qui n'existe pas.

Avant de pointer pourquoi cette bouilloire est une mauvaise idée, je dois signaler qu'elle fait une chose absolument indispensable à tout amateur de thé qui se respecte : choisir la température de l'eau. Chaque thé exige une température d'infusion propre. Les thés verts infusent généralement à des températures moindres (entre 55 et 80°C) que les thés noirs (85 à 95°C). Certains arômes s'évaporent ou sont dégradés dans une eau trop chaude. Vous avez probablement déjà bu un thé vert trop amer, typique d'une température trop élevée (ou d'une infusion trop longue, mais une infusion courte avec de l'eau trop chaude ruinera le thé à coup sûr). À la base d'un bon thé il y a le thé bien sûr, l'eau, sa température et la durée de l'infusion. Les bonnes maisons de thé (ma préférée étant Le Palais des Thés) vous indiqueront toujours la température et le temps d'infusion optimaux pour chaque thé (si ce n'est pas le cas, changez de fournisseur).

Vous pouvez oublier le reste des fonctionnalités de cette bouilloire. Elles sont soit inutiles, soit carrément contre-productives pour l'amateur de thé.

Les fonctions de programmation et de réveil me font penser à cette tirade de Douglas Adams tirée du Guide du routard galactique :

« Tout là-bas, au fin fond des tréfonds inexplorés et mal famés du bout du bras occidental de la Galaxie, traîne un petit soleil jaunâtre et minable. En orbite autour de celui-ci, à la distance approximative de cent cinquante millions de kilomètres, se trouve une petite planète bleu-vert dont les habitants — descendus du singe — sont primitifs au point de croire encore que les montres à quartz numériques sont une vache de chouette idée. »

Je croyais que le temps des cafetières avec horloge programmable était révolu, mais comme je bois rarement de café Tefal, Moulinex –c’est-à-dire à l’américaine –, je ne sais pas (vous vous réveillez avec votre cafetière vous ?). Passons sur la mauvaise idée de cumuler des fonctions multiples dans un seul appareil (chaque fonctionnalité a un coût et ça finit toujours pas tomber en panne, quand ça arrive seulement à la cheville d'un autre appareil bien mieux adapté, votre réveil par exemple). L'idée de programmer quelque chose comme le thé me semble absurde. Le thé se choisit en fonction de l'envie et du moment. Je ne sais pas, le soir, de quel thé j'aurai envie le matin, je ne peux donc pas déterminer quelle devra être la température de l'eau.

Programmer et maintenir de l'eau en température peut être néfaste à l'infusion. Un bon thé a besoin d'être infusé dans de l'eau fraiche et utilisée immédiatement. Il y a plusieurs raisons pour cela :

  • L'eau stagnante absorbe les odeurs et devient graduellement acide par absorption du CO2 de l'air. J'ai plus des doutes sur l'idée de laisser de l'eau toute la nuit dans une bouilloire métallique, le métal étant un anathème pour le thé (les vietnamiens vous diront que le métal est incompatible avec la cuisine).
  • La teneur en oxygène dans l'eau joue sur l'expression des arômes et donc sur la qualité de l'infusion. On n'utilise jamais une eau qui a déjà bouilli, car elle ne contient plus d'oxygène dissout. Chaque ébullition va diminuer quasi instantanément la quantité d'oxygène, lequel ne rediffusera que très lentement dans l'eau de la bouilloire. On ne prépare donc pas son eau à l'avance, et on ne la laisse pas bouillir à répétition.

Les autres fonctions sont pour moi de l'ordre du gadget, quand elles ne sont pas nuisibles.
Un système de notification directement sur mon smartphone lorsque l’eau est prête ? Ma bouilloire bipe quand l'eau est prête, et de toute façon je suis forcément à côté en train de préparer la théière.
Une mise en marche d'un simple clic à distance ? Je ne sais pas à quelle température chauffer l'eau avant d'avoir choisi le thé. Mais surtout, ça casse complètement un processus qui oblige le geek qui passe son temps devant son écran à se lever plusieurs fois par jour pour reposer ses yeux et son cerveau au minimum 5 mn, bouger ses fesses, boire de l'eau… Croire qu'il est bien d'automatiser au maximum la préparation du thé va totalement à l'encontre du côté cérémonial ou rituel de la démarche.

Cette bouilloire réduit le thé à sa destination, alors que pour l'amateur de thé le voyage compte au moins autant. Elle est visiblement conçue pour donner envie à la frange des geeks pour qui une longue liste de fonctionnalités sur l'emballage est source d'excitation, et… Look! Tea hacking FTW! Mais elle réduit à néant l'un des grands bénéfices de la préparation du thé : vous faire quitter ce foutu wifi pendant au moins cinq minutes !

En conclusion, si vous avez 120€ à dépenser pour ça, commencez par trouver une bouilloire à contrôle de température qui vous reviendra trois à quatre fois moins cher (les plus chères ne sont pas forcément les meilleures, il y en a des bien en dessous de 30€). Mettez le reste dans une théière (sans métal), un filtre à eau (si vous utilisez l'eau du robinet) et dans quelques thés d'exception. Et apprenez à apprécier le temps qu'il faut pour et la manière de faire un bon thé.

lundi 29 juin 2015

Ni capitalisme, ni Etat - la Coopérative intégrale s’épanouit à Barcelone

Ils fraudent le fisc pour financer la révolution. Avec un budget de 490 000 euros, la Coopérative intégrale catalane (CIC) tente de construire ses propres « services publics coopératifs » dans le domaine de la santé, du logement, du transport ou encore de l’éducation. Leur but : se passer de l’euro, de l’Etat et des banques.


Au pied de la Sagrada Familia, des cars venant du monde entier déversent chaque jour des marées de touristes qui rendent laborieuse la progression sur les trottoirs. Tous veulent leur selfie avec en arrière plan l’Ovni architectural de Gaudi. Deux pâtés d’immeubles en contrebas, au numéro 263 de la rue Sardenya, se niche une autre curiosité, mais elle n’apparaît sur aucun guide touristique.
L’immeuble baptisé Aurea Social a tous les attributs du siège d’une entreprise de service prospère. Pourtant, c’est un squat. Sûrement le plus luxueux de Barcelone qui compte pourtant une soixantaine de centres sociaux autogérés comme celui-ci. Quand on s’approche de l’entrée, la porte automatique s’ouvre sur le guichet en bois verni de la réception. Dans ce dédale de bureaux et de couloirs, des groupes de personnes s’affairent, en réunion ou le visage rivé sur leur ordinateur pendant que d’autres font du yoga ou cultivent des plantes médicinales interdites sur l’immense toit-terrasse avec vue sur le haut de la Sagrada Familia. Quand on rentre dans les toilettes, les lumières s’allument sans que l’on ait besoin d’appuyer sur l’interrupteur. On peut régler le système de ventilation de chaque pièce avec une télécommande.
JPEG - 120.5 ko
Un groupe de travail lors d’une assemblée de la CIC.
Mais le faste du bâtiment n’est pas la seule chose qui le distingue des lieux alternatifs barcelonais. Aurea Social abrite aussi le quartier général de la Coopérative Intégrale Catalane (CIC). Ce mastodonte de l’alternative créé en 2010 compte plus de deux mille membres et dispose cette année d’un budget de 490 000 euros dédié à la construction d’un nouveau monde. Ces activistes ne demandent pas de meilleurs retraites, l’instauration d’une taxe carbone ou la séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement. Ils ne demandent rien. Et pour cause. « Nous rejetons l’État comme système de contrôle basé sur l’exploitation de l’être humain », expliquent-t-il dans l’Appel à la révolution intégrale qui leur sert de manifeste officieux.
La CIC s’est donné pour logo une fleur multicolore inspirée de la permaculture. Chaque pétale représente une commission et un secteur de la vie (santé, éducation, logement, alimentation, transport, technologie) que la coopérative tente d’extraire des griffes du capitalisme et de l’Etat pour les remettre dans les mains de ses utilisateurs. Ils veulent créer leur propres « services publics coopératifs » gérés par leurs usagers. Exit les politiciens professionnels, les personnes décident de ce qui les concerne lors d’assemblées quinzomadaires ouvertes à tous. Leur but : se passer progressivement de l’euro, de l’Etat et des banques et prouver que « nous pouvons vivre sans capitalisme ».

« Nous pouvons vivre sans capitalisme »

Un rêve d’adolescents immatures ? Peut-être. Toujours est-ils qu’ils n’attendent pas le grand soir pour commencer à le réaliser. En quatre ans, ils ont financé ou facilité la création de deux logements sociaux coopératifs, d’une école libre, de deux ateliers de machines-outils collectivisées, d’un centre de santé, d’une colonie éco-industrielle qui travaille sur la souveraineté technologique et d’une banque autogérée sans intérêts.
La coopérative a également popularisé des techniques et des machines pour rouler en utilisant le moins possible de pétrole et dynamisé une monnaie parallèle utilisée par deux mille personnes mais aussi un atelier de transformation de produits écologiques, des greniers alimentaires et une centrale de distribution de nourriture biologique couvrant toute la Catalogne. La CIC a ausi permis à une dizaine de communautés de trouver des terres pour s’installer en zone rurale et aide les personnes sur le point de se faire expulser de leur logement à le garder ou à en trouver un autre.
JPEG - 157.6 ko
Filtre à huile qui permet au camion de rouler sans essence ou 
presque, 5 litres utilisés l’hiver dernier.
Pour faire tourner cette grosse machine, la CIC verse des « assignations », sorte d’argent de poche pour activistes, à environ 70 personnes qui touchent entre 200 et 900 euros par mois, en fonction de leurs besoins. Pour financer ses activités, elle ne demande évidemment pas de subventions. En fait, elle se sert elle-même dans les caisses de l’Etat via l’insoumission fiscale.
L’insoumission fiscale ? Pour comprendre, je m’éloigne de Barcelone et emprunte les routes ridiculement étroites qui mènent vers un fournil coopératif dans le nord-ouest de la Catalogne. Angel m’accueille avec un sourire et referme rapidement la porte derrière moi afin de ne pas perdre la chaleur du four. Ce trentenaire aux allures de gendre idéal est boulanger autodidacte, mais il est aussi hors la loi. Sa coopérative tourne bien, pourtant elle ne verse pas un sou au fisc espagnol. D’ailleurs, aux yeux de l’Etat, l’entreprise n’existe pas. Angel et ses cinq collaborateurs se répartissent les revenus de leur activité sans que l’administration ne voie la couleur d’un euro.
JPEG - 147 ko
Angel dans son fournil coopératif
Comment cela est-il possible ? Il est membre de Libertanonima [nom modifié pour ne pas faciliter le travail du fisc], une coopérative créée par la CIC qui sert de parapluie juridique à des petits artisans et commerçants, les dispensant ainsi de créer leur entreprise. Elle propose à ses « socios auto-ocupados » (membres auto-entrepreneurs) un service comptable et administratif mutualisé et sert d’interface entre eux et l’Etat. En échange de ces services, les membres paient une participation à la coopérative proportionnelle à leurs recettes et lui versent la TVA qu’ils auraient dû payer à l’Etat. Dans le cas d’Angel, un peu plus de mille euros par an, une somme largement inférieure aux charges qu’il aurait dû payer s’il avait monté une entreprise classique.
« Aux yeux de la loi, nous sommes des coopérateurs bénévoles de la coopérative, m’explique-t-il en me montrant l’attestation fournie par Libertanonima qu’il garde dans un tiroir en cas de contrôle. C’est comme si on était un groupe de cyclistes, qu’on avait un local et qu’on bossait dessus ensemble. » Sauf qu’ici, les cyclistes sont boulangers et tirent un revenu de leur activité. « Ce n’est pas illégal, c’est a-légal, précise-t-il. On jongle avec la loi. » D’ailleurs il parle de sa situation avec détachement et ne requiert pas l’anonymat. Et si jamais les enquêteurs du fisc décident de le contrôler, il les renvoie vers le siège de Libertanonima .

La banquière devenue révolutionnaire

Ils seront reçus à Aurea Social par Angels, une ancienne banquière qui a décidé de rejoindre les rangs révolutionnaires. Dans son bureau aux parois de verre, cette femme au chignon sévère et aux cheveux grisonnants les attend de pied ferme. « Ils sont déjà venus deux fois et n’ont rien trouvé à redire, on joue au chat et à la souris avec l’Etat. Et pour l’instant, la souris gagne », dit-elle avec un sourire satisfait, tout en s’affaissant sur le dossier flexible de son siège. Angels fait partie des 70 personnes qui touchent des assignations. Pour m’expliquer le complexe montage juridique qui leur a jusqu’à présent permis de passer outre la vigilance du fisc, elle saisit un crayon et une feuille et se met à dessiner.
L’astuce est la suivante : Libertanonima demande à ses membres de faire passer leurs factures personnelles pour des frais professionnels, ce faisant la coopérative équilibre artificiellement sa balance de TVA. Elle verse donc à l’Etat une somme dérisoire et réinjecte le reste dans son réseau militant. La CIC a créé plusieurs coopératives comme Libertanonima afin de noyer le poisson et de limiter les risques. Ils font en effet attention à ne jamais excéder les 120 000 € de fraude potentielle, afin de ne pas encourir de poursuites pénales. Quand une coopérative s’approche du chiffre fatidique, une nouvelle entité est créée.

De la fraude fiscale à des fins sociales

A la tête de ces « parapluies juridiques », cinq personnes, pour la plupart insolvables, sont prêtes à assumer les risques judiciaires. Piquete est l’une d’elles. Quand il ne chante pas des chansons révolutionnaires, ce cinquantenaire aux allures de rocker qui affiche son engagement anarchiste sur sont Tshirt prend part à la commission juridique de la CIC. Volubile, il est adepte de la « désobéissance civile et économique » et prend son rôle très au sérieux. « En 36, il y a eu une révolution libertaire ici en Catalogne. Des milliers d’entreprises ont été collectivisées et on a fonctionné sans chef pendant trois ans. Mais pour rendre cela possible, il a fallu des décennies de préparation morale et culturelle. C’est ce que nous essayons de faire avec la CIC, nous créons des outils pour faciliter la transition. Nous préparons la révolution tout en la faisant. »
JPEG - 106.9 ko
Piquete
Et leurs outils ne s’adressent pas qu’aux militants professionnels. Restaurateurs, maraîchers, bijoutiers, bûcherons, brasseurs, graphistes, documentaristes, éditeurs... Ils sont près de 700 artistes, artisans ou petits commerçants, seuls ou en mini collectifs de travail, à utiliser le statut de « socio auto-ocupado ». Mais la CIC n’a rien inventé. Nombre d’entreprises capitalistes font également de l’optimisation fiscale afin de se soustraire à l’impôt. Sauf qu’ici, les gains sont distribués de manière collective à des projets sociaux. De la fraude fiscale en bande organisée ? Oui, mais à des fins révolutionnaires !

SOURCE :  REPORTERRE

dimanche 7 juin 2015

21 juin, Journée Internationale du Yoga

Fervent adepte du yoga, le nouveau Premier ministre indien Narrendra Modi a nommé le 10 novembre 2014 un Ministre chargé des médecines traditionnelles et pratiques comme l'ayurveda, le yoga et l'homéopathie.

Narrendra Modi, en parallèle, avait aussi demandé à l'ONU d'envisager l'instauration d'une journée mondiale du yoga. Lors d'une visite aux États-Unis, il avait aussi parlé de cette discipline indienne traditionnelle avec Barack Obama.

Et le 11 septembre 2014, l’ONU a adopté la résolution de faire du 21 juin, « la Journée Internationale du Yoga ».

Grâce à cette résolution, il est reconnu mondialement que le yoga est bénéfique à la santé et au bien-être physique, émotionnel et mental.

C’est la première fois dans l’histoire des Nations Unies qu’une résolution de cette nature a été adoptée en moins de 90 jours et soutenue par 175 pays.

mercredi 3 juin 2015

La fin du monde


  
- La planète sortira-t-elle du nucléaire ?
- Ouais, en 2050. Ni toi ni moi ne serons plus là pour en témoigner, dit la chatte Pitchoune. Elle est mécréante cette chatte. Tu sais, poursuit-elle, le jour où tu verras des affiches dans le métro annonçant la chose, en supposant que les humains soient encore des êtres intelligents…
- Faut pas exagérer non plus, Pitchoune, il y aura toujours des humains qui ne sont pas des moules. Bon j’en ai pas encore trouvé mais je suis sûr qu’en cherchant bien…
- Il faudra courir…
- Tiens donc. Et pourquoi?
- …
- Alors… ?
- … m’enfin, Hiroshima, Three Mile Island, Tchernobyl, tu connais ? C’est du nucléaire qui tâche. Fukushima aurait pu provoquer une explosion nucléaire qui aurait rasée une partie de l’Asie.
- Bin, justement si on arrête la production du nucléaire…
La chatte fait monter son agacement d’un cran.
- Et c’est où qu’on va mettre tous ces Japonais sans terre ? Les baleines étant exterminées par leurs bons soins, ils viendront chez nous manger du chat !!

Gloups... Sortons du nucléaire. Bordel mais quelle bande de...

PS. Titre de presse de juillet 2050 :


 « Le nouveau TGV, Train Génération Verte, 100% nourri aux éoliennes bretonnes, vient de battre son record. Il a parcouru 14,5 km à plus de 45km/h de moyenne. Rondement menée, cette opération a permis au TGV de se faire doubler en direct par le peloton du Tour de France, bénéficiant d'un énorme coup publicitaire. »

vendredi 29 mai 2015

Humacoop - Formation Anthropologie et humanitaire

 

Formation Anthropologie et humanitaire du 15 au 19 juin 2015, à Humacoop à Grenoble.

Elle s'adresse plus particulièrement au personnel d'organisations non gouvernementales, d'institutions, de collectivités territoriales engagées dans un projet humanitaire, de développement ou de coopération.

Les objectifs de cette formation sont :
-Appréhender les contextes d'interventions sur le plan culturel, social, historique, politique en utilisant une démarche anthropologique
-Acquérir des outils méthodologiques propres à l'anthropologie pour adapter au mieux les programmes d'aide aux situations locales

Le programme sur 5 jours :
-Introduction à l'anthropologie
-Anthropologie de la santé et déterminants socioculturels
-Anthropologie appliquée aux projets humanitaires
-Anthropologie du développement
-Anthropologie et notion de perception, représentations réciproques

Les intervenants sont des anthropologues et des acteurs de la solidarité internationale (Médecins du Monde, Oxfam, Médecins sans frontières, Caritas, Humaniterra)

Réduction de 30% pour les étudiants et demandeurs d'emploi qui financent personnellement, paiement échelonné sur demande.
Pour vous inscrire, il faut envoyer un cv et une lettre de motivation à info@humacoop.com 

vendredi 1 mai 2015

Emmanuel Todd ou le néant


En France, notre presse écrite a l’air d’aller mieux. Enfin, du moins une certaine presse. Je parle de Libé, de L’Obs, du Figaro, de Challenges, des Echos… de nouveaux formats aussi qui ont apporté un nouveau souffle à ces publications. Il y a du renouveau dans l’air. C’est certain et c’est tant mieux.

Et cette semaine, L’Obs nous gratifie d'un entretien avec Emmanuel Todd sous l’épigraphe « l’intellectuel qui défie la gauche. »

Je dois avouer que je n’aime pas ce qu'écrit cet homme. En effet, je trouve sa pensée très accommodatrice; ainsi lorsqu’il caresse ses accointances dans le sens du poil, une gauche d'ailleurs propre du XIXè siècle, ancrée dans le moyen âge de la pensée post marxiste; mais également polémiste pour rien lorsqu’il croit « affronter » une société française supposément anesthésiée, son président en tête –et pas que F.Hollande, N.Sarkozy en a prit pour son grade tout autant quelques années auparavant.

Non, cette fois-ci l’entretien est instructif parce qu'il est plein d’enseignements sur une certaine idée de la gauche, à laquelle je n’adhère pas personnellement. Par son caractère typiquement apocalyptique et désuet : ses formules à l’emporte-pièce que même les poussins des poulaillers les plus staliniens n’oseraient plus murmurer. Non pas que je sois devenu fan des néo conservateurs. Au contraire. Mais enfin...

Todd a du moins le mérite de poser quelques vraies questions sur les inégalités endémiques de notre société. Mais comme toujours, chez lui, le diagnostique tourne à la caricature donnant des réponses à la renverse, distribuant franco des étiquettes révolues (cathos/non-cathos, révolutionnaires/non-révolutionnaires, réacs/laïcs, et un long etc où mère Cane est incapable de retrouver ses canetons.)  Et même si la « souche différentialiste » à l’encontre de Manuel Valls m’a fait bien marrer et que les affirmations vis-à-vis de Hollande s’avèrent être assez justes, tout cela parle d'un concentré d'égo à haute dose ou, pour le moins, d'un goût marqué pour la critique gratuite, non constructive et donc, sans intérêt.

Il y a du narcissisme chez lui, que voulez-vous y faire ?

On peut être d’accord ou pas. Jugez-en par vous-mêmes : Emmanuel Todd : «Le 11 janvier a été une imposture»

Pour ma part, je préfère aller faire un saut chez Agathe, son indignation perlée d'humour est un pied de nez tellement salutaire ...

jeudi 16 avril 2015

Vie privée et Internet : vos infos font le buzz

Même si vous utilisez des outils de protection de vie privée, votre navigation internet est-elle sûre ? A quel point sont secrètes vos transactions financières ? Les blagues de mauvais goût que vous partagez avec des amis restent-elles vraiment privées ? Et qu'en est-il de ce genre de sites, que vous n’avouerez jamais à votre maman avoir visités ? Lorsque vous consultez vos comptes bancaires ou que vous vendez ou achetez ou... regardez des films pornos, qui vous regarde ?

Histoire intéressante en vedette dans The Independent la semaine dernière, que j'ai creusée un peu plus à la source. Ayant souvent croisé le fer avec les fidèles de la science à tout va qui croient tous que la technologie nous est transmise sur des tablettes ou les circuits imprimés par les dieux de la Science (et qu’il n’est pas de bon ton de remettre en doute), j'ai été satisfait de voir que mes recommandations répétées sur l’absence d’intimité sur internet s’avèrent être vraies. Le net est devenu en fait un outil de surveillance mis au point par les agences de sécurité gouvernementales en collaboration avec les majors freaks (les GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook, Amazon) dans le but de nous suivre à la trace

Plus d’infos (en Anglais) dans mon article sur Second Nature.

lundi 13 avril 2015

Le 5ème rapport du GIEC décrypté


Le troisième volet du rapport du GIEC évalue les aspects scientifiques, technologiques, environnementaux, économiques et sociaux de l’atténuation des changements climatiques – c’est à dire (principalement) des moyens de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Le rapport ne contient pas de recommandations sur les choix à mettre en place pour réduire ces émissions. Il évalue chacune des options possibles, à différents niveaux de gouvernance et dans différents secteurs économiques.

Le GIEC est le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat. Ses rapports synthétisent les travaux publiés de milliers de chercheurs analysant les tendances et prévisions mondiales en matière de changements climatiques. Il a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE).

Cliquez ici pour avoir accès au 5ème rapport du GIEC

dimanche 12 avril 2015

Les petits signes que tu habites Paris

Oui, tu es (devenu) vraiment un parisien si...

Les petits signes que tu habites Paris

Oui, tu es (devenu) vraiment un parisien si :

Posted by Topito on lundi 9 mars 2015

samedi 11 avril 2015

21 ans après le génocide...




Vingt et un ans après le génocide au Rwanda, le gouvernement français a annoncé qu'il allait rendre accessibles au public et à la recherche ses archives secrètes sur le Rwanda.

Des documents qui portent sur les années 1990-1995. A travers cette mesure, Paris veut réfuter les reproches d'une coresponsabilité dans le génocide. Cette ouverture d'archives doit démentir les soupçons selon lesquels le gouvernement français de l'époque et le président François Mitterrand, auraient une part de responsabilité parce qu'ils auraient soutenu le régime hutu sur le plan politique et militaire. L'homme fort du Rwanda, Paul Kagame, a à plusieurs reprises accusé la France de complicité. Les relations diplomatiques entre Kigali et Paris sont toujours très tendues.

Les reproches faits à la France concernent surtout la question de savoir jusqu'à quelle date des armes ont été livrées au Rwanda et quel rôle a joué l'opération dite "humanitaire" lancée par Paris. Au cours de l' « Opération Turquoise » --son nom de code-- de nombreux responsables du génocide ont été mis en sécurité, selon Paul Kagame.

La décision d'ouvrir les archives a été prise il y a un an déjà par François Hollande. Le contenu des quelques 80 dossiers et protocoles est donc connu de l'Elysée. Il ne faut pas s'attendre à y découvrir des choses compromettantes.

Malgré le peu de portée des dossiers dévoilés, l'organisation SOS Racisme a salué un geste qui, du point de vue des victimes, arrive fort tardivement. Les familles des victimes attendent toujours de la France qu'elle avoue et regrette au moins son inactivité, sa passivité lors du génocide. Et on peut se demander aussi quand et dans quelle mesure les archives sur le Rwanda du quai d'Orsay, les dossiers classés « secret-défense » du Ministère de la Défense et ceux des services secrets seront eux aussi accessibles.